Si vous avez manqué
le dernier épisode, Chewie a passé sa journée aux urgences à Saint-Pierre,
tandis que Cong, Phil, et Rom se sont couchés tôt au gite de la caverne Dufour,
pour se lever tôt et admirer le lever du jour au Piton des Neiges.
Reprenons donc l’histoire où nous l’avons laissée, soit dans
la nuit de lundi à mardi.
La nuit au gite se passe plutôt bien pour Rom, qui n’est
réveillé que par un SMS de Chewie à 2h30 : « le rhum, ça marche
toujours aussi bien pour faire la fête ! bonne fin de nuit »,
laissant supposer qu’après la journée passée aux urgences, Chewie n’est pas
rentré se coucher directement… La nuit aura été un peu plus compliquée pour
Cong et Phil, dérangés non pas par le froid, mais par le bruit général venant
de la douzaine de personnes occupant le dortoir.
Pour couronner le tout, Philippe mettra son réveil 30
minutes trop tôt, le privant ainsi de précieuses minutes de sommeil.
Réveil à 3h45 donc, le temps d’enfiler un maximum de
vêtements afin de se protéger du froid, et de prendre quelques forces avant
l’ascension du piton.
Départ du gîte à 4h20, chaudement habillés, et lampe
frontale vissée sur la tête. Nous sommes une dizaine à quitter le gîte en même
temps pour monter au piton avant le lever du jour.
Malgré la nuit noire, le sentier est facilement repérable.
De la peinture blanche est visible sur les rochers tous les 3-4 mètres,
indiquant la route à suivre. Difficile de se perdre.
L’ascension n’est pas très longue, mais le givre au sol et
l’humidité sur les rochers la compliquent quelque peu. A quelques centaines de
mètres du sommet, le vent se met à souffler, et la température ressentie doit
être bien en dessous de zéro.
A l’approche du sommet, nous croisons des randonneurs
courageux qui ont choisi de planter leur tente dans l’un des petits abris
prévus à cet effet, afin d’être déjà sur place lorsque le soleil se lèvera.
Après 1h30 d’ascension, nous arrivons au sommet du Piton des
Neiges, à 3071m d’altitude. Le vent souffle toujours, et nous nous protégeons
derrière un rocher afin de nous installer dans les meilleures conditions
possibles pour le lever du soleil.
Cong s’installe dans son duvet, et Philippe sort le thé
chaud du thermos rempli la veille. Le confort 5 étoiles !
Il fait encore nuit, et l’endroit est idéal pour regarder
les étoiles, à l’abri de toute pollution lumineuse.
Le temps passe. Une tâche pâle apparaît au loin, et s’étale
progressivement pour former l’horizon. On distingue alors nettement les nuages qui
couvrent la mer, à une altitude plus basse que la notre.
La lumière change, et un dégradé de rouge apparaît au dessus
des nuages.
Nous restons plus d’une heure à profiter de ce spectacle,
réservé à la seule vingtaine de courageux présents ce matin-là. Courageux et
chanceux, puisque le spectacle n’est pas toujours au rendez-vous. Un randonneur
rencontré la veille venait tenter sa chance pour la troisième fois, puisqu’il
avait eu mauvais temps lors de ses deux premières tentatives, et n’avait rien
pu voir du spectacle.
Les autres photographes du matin, à l'abri derrière un amas de pierres
Ca va Pilou, pas trop froid ?
Nous entamons donc la descente vers Cilaos aux alentours de
7 heures, avec pour objectif de retrouver Chewie à 10 heures au parking, si sa soirée de la veille ne s’est pas trop mal terminée.
La première partie de la descente repasse par le gîte où nous avons dormi la nuit dernière. Comme à son habitude, Philippe part devant, très à l’aise dans les rochers. Cong suit, sans difficulté, tandis que Rom prend son temps afin d’éviter une mauvaise chute.
Manque de bol, il se tord la cheville au milieu du chemin,
et finit au ralenti, en prenant appui au maximum sur ses bâtons de marche afin
d’éviter d’aggraver la blessure.
Les trois randonneurs se retrouvent au gîte. Philippe décide
de prendre de l’avance afin de retrouver Chewie au parking, tandis que Cong
assistera Romain dans la descente.
Après une nouvelle heure et demie de « plat »
(comprendre quasiment aucun dénivelé, mais beaucoup de rochers), Cong et Rom
entament la descente finale vers le parking.
Au bout de deux lacets, c’est au tour de Cong de commettre
une erreur et de se fouler la cheville. Son cri de douleur indique qu’il ne
s’agit pas d’une simple foulure, mais d’une entorse qui le fera souffrir tout
au long de la descente.
Deux longues heures plus tard, après une descente très raide
(la plus raide de notre voyage), Cong et Rom retrouvent enfin Chewie et
Philippe au parking, en boitant.
Cong a besoin d’une attèle, et nous passons au CHU de Cilaos
qui nous redirigera finalement vers une pharmacie.
Pour nous récompenser de nos efforts et faire du bien à nos
corps, nous déjeunons au bord du lac de Cilaos. Au menu, américain bouchon et
glaces à gogo, histoire de récupérer les calories dépensées.
Le groupe étant enfin reformé, nous partageons notre
expérience, et Chewie nous raconte la petite fiesta improvisée qu’il a organisé
la veille à la maison.
Passage par la pharmacie, puis retour à la maison dans le
milieu de l’après-midi.
Première chose à faire : informer la location de VTT
que nous ne serons pas 4, mais seulement 2, puisque Phil est encore intact, et
que la cheville de Rom semble tenir le coup.
Deuxième chose à faire : récupérer ! Sieste dans
le transat ou devant le tour de France, toutes les méthodes sont bonnes.
Après cette petite sieste, nous retrouvons Agathe passée
prendre un dernier apéro avant son départ de la Réunion le soir-même.
Nous continuerons la soirée par un repas léger, une partie
de coinche, et Brésil/Allemagne qui nous tiendra éveillés jusqu’à tard dans la
nuit.




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